REVUE DE PHOTOGRAPHIE DE NATURE ET DE FAUNE SAUVAGE

 

ASCPF - TELEOBJECTIF

 

 

L'OISEAU

 

ARC EN CIEL

Laurent Guillot

 

 

 

 

 

Leurs cris sont aux forets tropicales ce que les rugis-sements du lion sont à la savane africaine : un écho qui continue de résonner dans nos esprits bien après notre retour à la vie citadine.

 

 

 


Le ara Macao est un oiseau bruyant qui ne sait pas voler sans pousser de hauts cris ! En pleine nature, il est pourtant difficile de le voir et plus encore de l'admirer de près. Très prisé par ceux qui voient la nature au travers d'une cage et la liberté de voler entre deux balançoire, le ara a vu sa population dangereusement réduite au cours de ces cent dernières années, particulièrement au Costa Rica. Autrefois représenté par des milliers d'individus dans le pays, on ne le rencontre plus de nos jours que dans deux régions protégées de la côte Pacifique : la réserve de Carara et le parc national de Corcovado sur la péninsule d'Osa. On estime aujourd'hui que probablement moins de deux cent cinquante couples de aras Macao vivent encore en liberté au Costa Rica.
C'est à Corcovado, l'un des endroits les plus sauvages du pays, que nous avons passé quelques matinées avec ces "arcs-en-ciel volants". Mais on ne s'improvise pas connaisseur de la foret tropicale en quelques jours et l'idéal est de recourir aux services d'un guide naturaliste pour espérer atteindre le "graal".

 

Il a ensuite suffit que nous ayons une ouïe fine (un peu...), une bonne vue (beaucoup...) et de la chance (énormément !).
Après plusieurs heures de marche dans la touffeur végétale, l'océan Pacifique pour voisin, nous avons pu approcher plusieurs perroquets. Et nous les avions mérités ! Humidité, chaleur et insectes étaient les principaux ingrédients de notre cocktail. Il manquait pourtant le fruit qui fait d'une boisson un nectar.
Les aras sont habituellement visibles dans la canopée. C'est-à-dire trente mètres au-dessus du sol, hauteur a priori inatteignable pour le photographe non préparé. Mais ce jour-là, nous les avons observés depuis la plage durant plus d'une heure en restant juste à quelques mètres. Peut-être faisions nous preuve de mimétisme avec le sable à près de quarante degrés sous le soleil ! Peut-être étaient-ils trop occupés pour se soucier de nous. Peut-être avons-nous bénéficié d'une chance incroyable.
La chance de les voir bien sûr, mais plus encore de les observer dans des conditions idéales. Tous les facteurs étaient réunis : distance, hauteur et lumière.
Les aras vivent normalement en couple, unis pour la vie. Cela n'empêche pas quelques querelles pour s'approprier la meilleure branche du figuier et goûter les meilleurs fruits. Nous avons donc assisté à des scènes de ménage bruyantes et "hautes en couleurs".

 

Le ara fait preuve d'une agilité incroyable lorsqu'il est en quête de nourriture, se déplaçant de branche en branche en adoptant des positions plus acrobatiques les unes que les autres. Et si la cueillette demeure une intense activité, il sait aussi consacrer du temps au jeu et à la tendresse, passant d'un arbre à 'autre au gré de son humeur. Jusqu'au moment où l'arbre en question est le garde-manger habituel d'un autre couple. Propriété privée, circulez ! Ils partirent donc poussant des cris perçants, à la recherche d'un coin plus calme.

Mais les aras sont sédentaires. Ils reviennent régulièrement sur les mêmes arbres, aux mêmes heures. Il était dit que cette rencontre, bien qu'unique, ne serait pas la seule. Nous passâmes trois matinées avec eux...

L.G.

Retrouvez les photos de Laurent Guillot chez Etendues Sauvages


MATÉRIEL UTILISÉ                                 


Boitiers : Canon EOS 3
Objectifs : 500 mm F4.0
Films : Fuji Provia 400F poussé

 

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