Quelques conseils à de jeunes chasseurs
photographes ....
La Billebaude est, pour moi, synonyme de Randonnée.
Mes trop rares heures de loisir sont utilisées en promenade. Les lieux
que je fréquente me sont bien connus. Toutefois il y a toujours une
part de hasard dans cette technique et c'est, je crois, ce qui me
plaît. Cette façon de pratiquer la chasse photographique apporte plus
de déception que de réussite, mais le plaisir de passer une journée,
voire un week-end, en pleine nature est, pour celui (ou celle) qui sait
voir, entendre ou sentir, un moment de grande richesse et point
n'est besoin de s'encombrer de matériel.
Chez les animaux la vue, l'ouïe et l'odorat sont
excessivement développés. Il faut par conséquent, au fur et à mesure
de nos sorties, aiguiser nos sens et apprendre à déceler dans les
sous-bois le chevreuil qui observe déjà depuis quelques instants. Par
le bruit ou par l'odeur, il aura déjà "senti" notre
arrivée. Pour éviter d'être repéré et pour s'assurer que cette
billebaude sera bénéfique, il nous faudra mettre en application les
quelques règles suivantes :
Pendant nos déplacements nous devrons marcher
lentement, très lentement ; nous arrêter très souvent, pour écouter,
voir et sentir. Nos gestes devront être lents, très lents. Jamais de
mouvements brusques. Si nous visons un chevreuil d'un geste brusque,
nous risquons de le voir partir. Alors que si, lentement, nous montons
notre boîtier et visons, même s'il nous observe, curieux comme il est,
nous aurons le temps de déclencher. Car l'avantage que nous avons sur
le chevreuil est qu'il distingue mal les formes. Si nous avons eu
l'opportunité de l'approcher à bon vent, le temps qu'il mettra à nous
observer, nous pourrons lentement, très lentement, déclencher et
obtenir de bons clichés.
Le vent est très important. En effet il portera vers
l'animal les moindres bruits de nos déplacements : choc du matériel
sur les branches, les craquements sous nos pieds, l'accrochage de nos
vêtements ou de notre filet de camouflage. Il portera aussi notre
odeur. Là, plus possible de surprendre le chevreuil se reposant sur sa
place. Il sera parti.
Les sens du chasseur photographe, la vue, l'ouïe et
l'odorat, devront être développés. Au fur et à mesure de nos
sorties, ces facultés s'affirmeront afin de nous permettre de nous
rapprocher le plus possible du monde animal.
L'ouïe, l'odorat ; déceler les déplacements des
sangliers est relativement facile. Leur odeur peut nous aider. A
l'époque du rut, elle flotte dans la forêt. Le passage d'un cerf nous
permet de localiser son emplacement. Mais pour entendre et prévoir
l'arrivée d'un chevreuil, si nous avons décidé d'un affût naturel
sur le passage, il nous faudra nous fier à l'horaire de ce passage
après bien des observations.
La vue ; il nous faudra, là aussi, une grande habitude pour repérer
dans les tamis cette biche et son jeune qui, immobiles, nous observent.
Je passe rapidement sur le mimétisme du lagopède ou de la bécasse des
bois. Même avec une grande expérience, il est impossible de déceler
leur présence à nos pieds.
Toutefois l'ouïe offre le plaisir d'écouter tous les chants des
oiseaux, les appels croissants des faisans mâles, cris curieux et qui
portent très loin. KORRK-KORK.
Votre tenue vestimentaire est également importante.
Celle-ci devra être discrète et se confondre avec la nature. Les
treillis de l'Armée (français, allemands ou américains) sont des
tenues tout à fait adaptées. De plus ces treillis comportent de
nombreuses poches, ne sont pas fragiles et supporteront toutes les
situations que nous pourrons rencontrer. Certains pantalons sont serrés
dans le bas et possèdent un cordon, pour nous permettre de les enfiler
dans des bottes. Les
filets de camouflage, plus difficiles à trouver (sauf dans notre boutique),
sont eux aussi très utiles, voir indispensables. Enfin le matériel
photographique devra aussi être camouflé. Par exemple : les parties
chromées seront recouvertes d'adhésif noir ou camouflé, ou de
feutrine. Les boîtiers noirs sont plus discrets mais plus coûteux à
l'achat. A tout cela s'ajoute d'autres règles, mais celles-ci figurent
dans notre manuel.
Voilà. Nous pourrons, si vous le souhaitez, parler du matériel une
prochaine fois.
La chasse photographique est une philosophie. Elle
est régie par des règles : respecter et protéger la vie animale.
Maurice
Chatelain